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22/10/2019

Résultats de la course nature de LISSAC

Dimanche 13/10/19 j'ai participé à une course nature de 13 km à Lissac, sur le causse corrézien. D'une forme aléatoire, j'ai réussi à me classer 38 ème sur 230 arrivants dans la douleur.

Actuellement je cours après plusieurs lièvres professionnellement parlant. J'ai été recruté au CFPPA du Lot, à temps partiel, en tant que formateur en zootechnie et phytotechnie; tout en demeurant éleveur de chèvres pour l'instant. Je suis très excité (et un peu angoissé) par cette nouvelle double casquette, et je dois avouer que je dois être un peu partout à la fois! 

Tout cela mérite un article de "clarification"! Prochainement, promis!

En attendant voici les résultats de ma course d'il y a dix jours!

http://traildelapaix19.over-blog.com/2019/10/les-resultat...

22/09/2019

Trail de la Vallée du Célé à Brengues

Comme je l'ai écrit précédemment, je me suis inscrit sur le trail des faux monnayeurs (21 km et presque 1000 M D+), la semaine dernière, la fleur au fusil, un peu sur un coup de tête et sans objectif à part deux:

-Bien bosser. Contrat rempli, grosse sortie endurance haute;

-Kiffer. Là je dirais oui, dans le sens où j'ai pu lever la tête et profiter de superbes paysages surplombant la vallée du Célé. Et non aussi, surtout à la fin, la fatigue dûe à l'absence de longue sortie (sauf une le mercredi avant la course) s'étant faite cruellement sentir!

Allez, petit résumé et ressenti...

Bim bam boum, 10h05 le départ est donné. Surtout appliquer la consigne, ne pas se cramer dès le début pour pouvoir terminer la course. On est en fond de vallée, sur un chemin ombragé suivant plus ou moins le Célé sur rive gauche. De quoi parfaire l'échauffement.

Bien sur cela ne dure pas: on oblique à gauche sur un chemin se faisant rapidement raide. D'abord à la course, des petites descentes intermittantes permettant de se reposer un peu, puis à la fin à la marche, sur de gros pourcentages et droit dans la pente. Sans le vouloir vraiment, arrivé en haut lorsqu'on recommence à courir, j'ai grappillé quelques places. Nous longeons le bord du plateau, et avons le loisir de profiter d'un superbe paysage surplombant la vallée du Célé. Descente, d'abord caillouteuse, puis ombragée et plus souple, j'emboite le pas d'un concurrent. L'allure est plutôt tranquille pour mon cas, rien à voir avec les courses de 10-15 bornes. Je sais que devant ça allume sévère sur le 21 km, mais à chacun sa course...

Retour presqu'au point de départ, ravito et gros pétard, à grimper avec les jambes, mais aussi avec les bras. Le soleil tape déjà bien fort dans cet univers minéral à cette heure de la journée. Je passe en compagnie du groupe que j'emmène, le concurrent que je suivais dans la descente d'avant; il est déjà cuit et quasi à l'arrêt. La matinée va être longue pour lui...

En haut je commence à être émoussé moi aussi (cardio à 178 bpm!), déjà, même pas une heure de course... Moi qui voulais randonner pépère! Ah, dès qu'on a un dossard sur le dos, difficile de ne pas se laisser embarquer, forme ou pas forme! A ce moment je décide de temporiser, car je sais que je suis loin d'être au bout de mes peines...

Petites côtes, petites descentes, petites côtes... Bref le casse pattes qui va bien! De fil en aiguille on se trouve dans la longue descente qui nous reconduit dans la vallée du Célé; on évolue avec la meute des concurrents du 11 km, je ne vais pas beaucoup plus vite... Deuxième ravito, le bonheur! Je bois du sucré, avale des morceaux de bananes, j'ai vraiment le sentiment qu'il n'aurait pas fallut que j'attende plus longtemps pour avaler du solide, sous peine de fringale! Et ce malgré ma poche à eau...

Hop on repart, on traverse le Célé à gai (vraiment très peu d'eau), puis je me jette dans la troisième grosse côte de la matinée. Je pourrais courir-marcher mais je choisis de marcher uniquement, car je le répète je ne veux pas finir cramoisi! Pourtant je commence à l'être, que je le veuille ou non... Une fois en haut on surplombe à nouveau la vallée du Célé, cette fois rive droite. Toujours aussi magnifique... Le premier concurrent du 42 km (parti à 8h00) me rattrape doucement, je le laisse passer en l'encourageant, il fait de même, respect à lui pour sa perf... Courir à presque 10 à l'heure sur un tel terrain pendant 42 km, chapeau. Il prend quelques longueurs puis stabilise, il semble lui aussi entamé, comme je le comprends... 

Nous nous trouvons sur les hauteurs de Brengues, avant d'enquiller la route qui redescend au village. Chemin, descente roulante et sans difficulté à part quelques troncs d'arbres couchés à franchir, je ne me pose pas trop de questions, me laissant happer par l'attraction terrestre... mais me doute que l'orga nous a réservé une dernière petite surprise...

Ah, la voilà la dernière côte! Il va falloir grimper tout ce que nous avons descendu! C'est encore très raide, en plein cagnard, cette fois on sent que le thermomètre a dépassé les 30°C... Je pousse sur mes jambes, mains sur les cuisses, je sais que la pente va s'inverser une dernière fois pour rallier le camping municipal de Brengues. Je vois qu'on arrive en haut, je viens de rejoindre le premier du 40 et deux concurrents du semi; comme on ne se refait pas, il me vient à l'idée d'attaquer, histoire de me "finir" un peu. Je reste dans les pas, puis dès que j'ai récupéré un peu de fraicheur, je me remets à courir d'un coup, profitant d'une pente moins agressive. Peu après c'est la descente, je me lâche! Et personne n'a suivi...Chemin très pentu et peu matérialisé, je double comme je peux des coureurs du 11 km eux aussi carbonisés... On débouche sur le GR du château des anglais, à cet instant je sais que l'arrivée n'est plus loin. On entre dans le village, le camping, puis on passe sous l'arche! Pas mécontent d'arriver...

28 è sur 83en 2h27, pas si catastrophique que ça pour quelqu'un qui ne fait que du court en temps ordinaire... et des images plein la tête. Un grand merci aux organisateurs pour cette magnifique épreuve!

Des photos prochainement, si j'arrive à en pêcher sur internet!

Résultatshttps://www.trailvalleeducele.com/#Accueil.

28/04/2019

Trail du facteur: chassez le naturel...

... Il revient au galop. Par là j'entends que j'aime le court en course à pieds, et qu'après une petite incursion sur du plus long (trail d'Autoire, 20 km, pas non plus un ultra), je reviens sur du vrai format "short track". Par goût bien sur, mais aussi par la force des choses. Explications.

Depuis le trail d'Autoire, le 31/03, mon entrainement a été pour le moins décousu: les deux semaines qui ont suivi, je n'ai pas effectué une seule séance de sport. Pas le temps. Et la tête à finaliser un dossier de validation d'acquis, qui me tient très à coeur et pour lequel j'avais une échéance à la fin avril. Les dates bûtoires c'est bien, car quand on n'a pas le choix... on n'a pas le choix. Et jusqu'à la semaine dernière, j'ai donc été tendu vers ce seul objectif. Voilà qui est fait, je me sens presque orphelin maintenant que c'est fini... Enfin presque fini, puisque début juillet j'ai un entretien avec le jury; verdict juste après. J'ai donc repris la course à pied seulement la semaine dernière, avec trois séances d'environ 1h30: la première en endurance, reprise oblige, les deux autres contenant de l'intensité. Je ne suis monté en puissance qu'après, avec une super semaine réalisée, dont voici le détail:

-Mardi: 1h32. Route sur le plat. 36' en 1'-1' (177 bpm max), sur le plat toujours, gros bloc de fractionné qui m'a laissé un peu sur le carreau en fin de séance, mais avec l'impression d'avoir "bien bossé".

-Mercredi: 1h28. Nature, valloné. Pas de série. Pas de jambes non plus (!).

-Jeudi: 1h31. Footing sur route plane. Encore les jambes un peu en coton. Seul objectif de la séance: surtout faire cool.

-Vendredi: 1h27. Sortie typée trail, fartlek "doux". Très bonnes sensations, très bonnes jambes, envie d'accélérer mais je me réfreine, je pense à dimanche. Durant cette sortie je me suis fait notamment une série de 5,5 X une boucle de 6' environ avec un "pétard" monté en partie en marche rapide sous le chateau de Blanat, et une descente plus longue et moins pentue, où je me lache plus. En fait je "fais" les descentes, et pas trop les côtes. Terrain gras et glissant, j'adore, et la nature aussi, elle commençait à creuver de soif.

-Samedi: 0h58. Footing récup, toujours sur le plat. Je ne me sens pas "à la couenne", mais j'y vais cool cool, avec l' impression que ça va mieux en fin qu'en début de sortie.

-Dimanche: la course.

Voilà pour la mise en contexte, les faits maintenant. Je choisis donc de m'aligner sur le 13 km et 400 m D+, car le 25 km et 1200 m D+ est beaucoup trop pour moi, n'ayant pas réalisé une seule longue sortie depuis Autoire. Je me doute bien que je ne serai pas à la rue, car mes sensations depuis ma "reprise" sont bonnes. Par contre je sais aussi que je ne jouerai pas les trouble faits, mais ça n'est pas ma préoccupation: je viens juste m'amuser et me vider la tête!

Dès le départ ce matin, je me suis senti pas trop mal: je me retrouve dans les 20 premiers sur la partie plane post départ, et commence à remonter dans la première côte, très gadouilleuse et pleine de flaques. S'ensuit une descente plus pierreuse, peu piégeuse donc rapide; je suis dans un groupe de trois, un peu sur le frein, ne voulant pas me cramer trop tôt. 

On est en fond de vallée, sur un single un peu casse pattes, mais qui se négocie pleins fers. Je ferme la marche d'un groupe de quatre, suivant sans trop de problèmes. Suite à une petite erreur de parcours tout de suite rectifiée de mes compagnons, c'est moi qui ouvre. Je durcis un peu le rythme, et voilà que l'on attaque la deuxième côte. Au détour d'une épingle je me rends compte que j'ai fait mal, car j'ai creusé un petit écart. Seul un concurrent me suit, il me colle même aux basques. Il fait le forcing, s'excuse, je le laisse passer, il est facile, je ne le reverrai qu'à l'arrivée.

En haut de la bosse on arrive au deuxième ravito. Arrêt express pour moi, le temps d'avaler un tiers de verre de coca et un bout de banane. Un concurrent est à l'arrêt, il accuse le coup. La pente s'inverse, pas de question à se poser, je me lâche. Descente en épingles, je suis talonné par un groupe. Arrivés en bas on remonte illico en pente douce. A ce moment c'est dur pour moi: le concurrent qui me précède se fait la malle, je ne l'aperçois que par intermittence, et j'ai quatre ou cinq gars sur mon porte bagage. Ça y est, ils ont fait la jonction. Un d'entre eux prend le relais, je ne le lâche pas d'une semelle. La pente douce est maintenant très raide, de sorte qu'on la termine à la marche. Je m'accroche à mon meneur, et suis d'ailleurs le seul, derrière un petit écart s'est créé. En haut de la butte on arrive sur un chemin large, puis sur une petite route bien exposée au vent. J'en profite pour m'abriter derrière mon compagnon, j'ai le droit car j'ai beaucoup emmené jusqu'à présent! Une fois que je me suis un peu refait, je le passe à nouveau, tout en en rajoutant une petite couche, histoire de voir ce qu'il a dans le ventre... et lui prends quelques longueurs, mais tout cela est très fragile!

Encore une descente tout en épingles. Je ne fais plus semblant, je lâche presque tout mais n'arrive pas à creuser d'écart! Pourtant je suis combatif aujourd'hui... Petit fond de vallée, troisième ravito devant lequel on passe sans s'arrêter comme des impolis (!), et voilà le clou du spectacle: un mur se dresse devant nous, nous n'avons plus qu'à l'escalader en poussant comme on pourra sur les cuisses, en s'aidant des mains et de la main courante! J'emmène à nouveau un gros groupe qui s'est reformé. Ceux qui laisseront le moins de plumes à l'issue de cette dernière côte sont ceux qui rallieront la ligne les premiers! Le cardio monte à 178, les cuisses brûlent, là je peux dire que je suis en souffrance... Un concurrent lâche un "c'est horrible" qui vient du coeur, auquel nous souscrivons en silence... Personnellement je suis toujours en tête, et parviens même à creuser un petit trou... 

Enfin en haut! "Bon, maintenant, si tu veux conserver ta place il faut relancer!" Pas de répit donc, je me lance sur le chemin de crête qui suit, puis dans la descente sinueuse et peu matérialisée qui suit à corps perdu... Je me trompe même un instant, mais retrouve très rapidement la voie grâce aux rubalises. On arrive en vallée, on nous annonce un gros km de course restant. Cela fait un petit moment que je ne me pose plus de question, je continue presque à bloc, me retournant de temps en temps. J'ai deux concurrents à une trentaine de mètres, mais ils ne gagnent pas de terrain... Le cardio est toujours à 175 bpm lorsque j'entends le speaker et aperçois l'arche, plus que quelques dizaines de mètres, c'est bon je peux couper l'effort! Poignée de main avec mes deux poursuivants, blagues... Yeah une table de ravitaillement avec du coca, le bonheur tient à peu de choses, ça c'est sur... 

En fin de compte je m'en sors bien: 1h10, dixième au scratch sur 160, quatrième V1, et surtout de bonnes sensations de courses... De bon augure pour la suite de la saison? Oui, si j'arrive à m'entrainer à peu près comme je veux!

http://www.runningmag.fr/UserFiles/chrono/16631.pdf://www...

31/03/2019

Résultats complets trail d'Autoire

http://www.runningtrail.fr/pages/course-6270-Trail-d-auto...

trail d'Autoire: beau temps, beau terrain de jeu, du monde...

Il y a trois semaines, à l'arrivée du trail des Césarinnes, je discute avec deux copains, et on se monte le bourrichon pour faire le 20 km à Autoire; pour ce genre de trucs il ne faut pas me forcer beaucoup, alors, une fois la décision prise, j'adapte ma prépa en vue de cet objectif. Ces dernières années j'ai délaissé le trail pour me focaliser sur les courses natures, plus courtes et très rythmées. Je m'y adonne en hiver, alors qu'au printemps et été je bascule sur du plus long, mais... à VTT, éventuellement vélo de route avec une belle cyclo par ci par là. Enfin ça c'est la théorie. 2018 a été très mouvementée pour moi côté boulot, donc le sport a été mis entre parenthèses une bonne partie de l'année, et 2019 s'annonce pas mal non plus à ce niveau-là... Remises en question diverses, validation d'acquis d'expérience (je finalise un joli dossier, moi qui aime écrire je suis servi), bref toujours pas de place pour une pratique telle que je la conçois sur le vélo, c'est à dire axée sur des épreuves plutôt longues, à VTT et vélo de route. D'ailleurs, j'ai fini par me décider vraiment à mettre mon VTT en vente, et il est parti depuis peu. Je me sens un peu "tout nu" sans VTT, mais on s'y fait bien en fin de compte. Et puis c'est pour mieux replonger... 2020? J'espère!

Tout ça pour dire que s'il y avait un moment pour moi pour passer du format course nature au format trail court, c'était bien cette année. Depuis la course des Césarines donc, j'ai pu caser trois sorties longues en courant: une de 2H25, une de 1H55 (avec un gros bloc de 55' à un rythme seuil), et une de 2H21, mercredi dernier. Et à mon agréable surprise, elles sont assez bien passées, pas comme une lettre à la poste mais presque. Et en plus j'y ai pris du plaisir! Par contre là, je me trouve sur un format plafond: je n'ai pas l'intention de préparer des trails genre 40 km ou plus, car d'une part ça ne m'attire pas (j'aime les courses où ça va vite), d'autre part je retomberais dans un volume important d'entrainement, et là je préfère largement le faire à bicyclette!

Ce matin au trail d'Autoire donc, je me présente assez serein, quoiqu'un peu fatigué (satané changement d'heure, fromagerie et traite avant de venir, la nuit a été courte... et l'après midi d'après un peu longue car j'ai du taf). Il fait super beau, il y a plein de monde (224 arrivants sur le 12 km et 165 je crois sur le 20 km, gros succès, sans parler des randonneurs), on est en plein milieu d'un cirque naturel à couper le souffle (nous les locaux on a l'habitude de le voir mais personnellement je ne m'en lasse pas), bref tout le monde a la banane et ça fait un bien fou. Merci beaucoup les organisateurs(trices)!

Un peu plus de 10H00, après 20' d'échauffement cool pour moi et quelques étirements, on est lâché. Petit tour dans le beau village d'Autoire, et hop, gros pétard (pas mouillé, on ne glisse pas c'est déjà ça) en monotrace qui mène la troupe en file indienne sur le plateau. On marche-court dans les marches calcaires, chacun sa technique... A quelques dizaine de mètres devant moi je vois une fille, super affutée qui a l'air très à l'aise, elle m'impressionne... et finira 10 ème au scratch, respect!

Arrivés en haut, on est à bloc mais il faut accélérer. Le parcours est à tendance descendante, pas trop de questions à se poser même si les cuisses tirent déjà. Arrivés dans la vallée de la Bave, il est temps de se hisser jusqu'au village de Loubressac. Là ça tire de plus en plus... Je serre les dents et tente de m'accrocher à un groupe de cinq. Au fur et à mesure de la côte ce groupe se disloque, nous nous retrouvons à deux, avec un concurrent devant qui fait le yoyo: on le rejoint, il accélère et nous lâche. J'avale une patte d'amande, tire sur le tuyau de la poche à eau, il commence à faire chaud. 

A la fin d'un autre petit raidard au pied du village où la marche est de rigueur, enfin pour moi tout du moins, on foule les ruelles du superbe village de Loubressac, pour moi un des plus beaux du Lot, c'est dire (!), et on se dirige à nouveau vers les falaises d'Autoire. Voici la partie de la course où je me suis le plus ennuyé, et où j'ai eu du mal à maintenir l'allure. Le cardio, qui était bloqué aux alentours de 170 bpm jusque là, redescend à 160. Mon compagnon, avec qui je jouais au chat et à la souris depuis un moment, me fausse doucement mais surement compagnie, sans que je puisse réellement lutter... Au détour d'une épingle, je vois deux concurrents qui reviennent sur moi: "ah non"!

C'est à partir de ce moment que j'en remets une couche. Ça tombe bien, on arrive en bord de falaise, et le terrain se fait à nouveau technique, youpi! Je me focalise enfin à nouveau plus sur les pierres où je mets les pieds que sur ma souffrance, et comme par enchantement, je suis plus combatif, le cardio remonte... jusqu'à 175 bpm, et ça sent la fin de course! Le chrono indique 1h29 lorsque j'y jette un oeil, je me dis que moins de deux heures c'est jouable...

A y est, on arrive aux voies d'escalade, on descend les escaliers métalliques raides, on est sur le GR qui mène au pied de la cascade. Et on se retrouve avec les concurrents du 12 km; motivation pour doubler, mais parfois de manière scabreuse, surtout au pied du château des anglais, avec ses passages raides et techniques où il ne faut surtout pas se louper, sous peine de grosse cabriole... ne pas penser à ça à cet instant! 

En bas de la descente je suis détruit, j'ai les quadris tout raides, il est temps d'arriver... On se refroidit un peu les pieds en traversant la rivière, et, oh non! Encore un pétard! Le concurrent du 20 qui m'avait un peu semé est là, à quelques mètres, mais on est tous dans le dur, et je n'arrive pas à boucher le trou avant de basculer une dernière fois, les places sont définitives... Je jette un peu tout ce que j'ai dans les dernières centaines de mètres, un peu trop d'ailleurs, car peut-être à trois cents mètres du passage sous l'arche, alors que je relance avec l'énergie du désespoir, je butte sur une racine et m'étale de tout mon long dans un nuage de poussière, me rapant le genou droit (oui le fragile, c'est toujours sur celui-là que je tombe) et le ventre. Il fallait bien ça pour finir en beauté...

Bilan: 1h53, 22 ème sur 165 au scratch; plutôt content pour ma "montée" sur trail court... Vite fait le temps du premier: un écoeurant 1H23, pour cet "avion" local!trail d'Autoire

17/03/2019

Course nature des Césarines, bon début de saison!

Pas de CR, étant actuellement un peu débordé. Pour résumer cependant ma course, je dirais que j'ai tout de suite vu que j'étais dans le coup, car je me suis retrouvé dans les 15 premiers une fois le départ donné, et ce sans être à bloc. Les cinq kilos en moins sur la balance expliquent tout, mon entrainement n'étant pas meilleur qu'en fin de saison dernière... Encore moins trois kilos et je serai sec, ne relâchons pas les efforts!

http://www.runningtrail.fr/resultats/2019/Trail-des-Cesar...

 

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23:42 Publié dans mes cOurses | Tags : trail, césarines | Lien permanent | Commentaires (0)

29/01/2019

Trail de L'Acqueduc 2019: Ouch!

50815293_330870524197638_3016301591486529536_n.jpg51375870_1973046432997939_5910007103900090368_n.jpg51087987_329275927687058_6518502767428894720_n.jpg50898508_500111870396823_9206713185858486272_n.jpg50881531_260108424915130_5096262143070699520_n.jpgC'est assez rare que je fasse des courses au mois de janvier, cette période étant plus propice pour moi pour aller chiner en rando dans des coins que je ne connais pas trop, observer, découvrir, contempler, rêver, avant d'attaquer un peu plus tard un entrainement plus spécifique, plus sérieux et structuré, normalement en vue d'échéances vélocipédiques au printemps. Autres temps autres moeurs, transition, projets, tout ça tout ça... ont fait qu'en 2018 je n'ai repris la compèt qu'au mois d'octobre, et en mode course à pied. Je ne me sens donc pas "usé", ni physiquement ni moralement, et j'ai encore envie d'en découdre et de m'amuser en course. Et comme je sais que cette épreuve (que j'ai faite en 2014) est une petite tuerie, il n'a pas fallu que je me force beaucoup pour m'y inscrire.

Après quelques échanges sur Messenger, on se retrouve à trois, après s'être rencardé à Gramat, dans la voiture de Maxime, en compagnie de Jeremy, un copain très sympa à lui.

Arrivés au sympathique village de cours, en haut d'une butte dans le calcaire au Nord de Cahors, notre première impression commune nous saute dessus: "Fait pas chaud! Manquerait plus qu'il pleuve!" Ce qui, bien entendu, ne manquera pas d'arriver. Rafales de vent, pluie glaciale horizontale, terrain grassouillet à souhait, voilà le menu du jour! Quoi de plus normal un 27 janvier...

Rituel d'avant course: retrait des dossards, mise en tenue de combat (torse nu dehors c'est juste!), échauffement de 20' pour moi, et "mise en grille"; je me place plutôt vers l'avant en bon optimisme que je suis, Maxime un peu plus loin, Jeremy plus au fond, il reprend juste la course à pied. 

Top départ! Petite côte sur la route, qui débouche sur une piste descendante, puis un chemin boueux descendant, puis sur une trace descendante et méga savonneuse... J'aurais bien aimé me retrouver spectateur à cet endroit, car on se croirait sur une piste de bowling, la piste étant le chemin, les quilles étant... nous, soit debout vacillants, soit au sol en train de glisser! Au passage, bien que j'ai beaucoup glissé, ne je serai pas tombé de toute la course, un vrai petit miracle...

Nous voilà en bas, le pire est à venir! Je reconnais le pied de la première grosse côte, nous y sommes passés en 2014. Côte très raide en monotrace, on n'a plus qu'à marcher, les mains sur les cuisses et le buste penché en avant en attendant que ça passe;  le trailer sait faire preuve d'abnégation, personne ne bronche. Personne? Si j'entends un râle, et j'identifie la personne en haut de la dite côte: un participant (le premier V3 en fait) fait un bruit de tous lesdiables, gémissant en même temps qu'il évolue... On a presqu'envie de lui porter secours!

Km 5 environ, premier ravito; j'ai senti des prémices de crampes dans les deux mollets dans le gros raidard précédent, il s'agit donc de boire. Un verre d'eau + un verre de coca = crampes oubliées. Je repars aussitôt en compagnie des deux premières féminines. Elles sont quasiment au coude à coude, la bagarre fait rage! On est sur une partie assez roulante (oui il y en a eu un peu quand même!), par contre on essuie une averse à nous glacer les sangs. Et hop, descente, la plus technique; j'en profite pour fausser compagnie aux deux concurrentes, et pour grappiller quelques places, restant un peu sur la retenue quand même, je n'ai pas envie d'aller au tapis au milieu de ces marches... Ou comment descendre sur des oeufs...

Bon ben voilà, reste plus qu'à remonter maintenant! La côte se court dans un premier temps, on remonte un fond de combe. Puis la pente se fait de plus en plus raide, au point que tout le monde adopte à nouveau la marche. Et qui est-ce qu'on rejoint à nouveau? Notre ami le râleur! Impressionnant, on dirait qu'il est sur le point de défaillir à chaque instant! En plus il perturbe la quiétude des lieus! Technique ou stratégie? Sur la crête qui suit nous sommes trois à le passer, j'espère qu'il ne nous rejoindra plus... Troisième grosse descente, rapide celle-là. Je ferme la marche, on plonge, et on ne fait pas semblant; supers sensations de vitesse, je suis la trajectoire de mes prédécesseurs sans me poser des questions...

Km 10 environ, deuxième ravito, ça commence à sentir bon... Un verre de coca plus tard me voilà à nouveau en course. Et mince! devinez qui est devant moi? Notre V3, qui semble agoniser mais ne s'arrête pas aux ravitos! On attaque en plus le coteau de l'acqueduc, un des endroits les plus techniques et étroits du parcours, où doubler est assez ardu. Je reste derrière lui un moment, profitant de la situation pour récupérer un peu. Là je crois qu'il est très émoussé, il commence à trébucher sur tout ce qui dépasse et ne fait pas preuve de grande agilité, s'agrippe à tout ce qu'il peut... Derrière c'est revenu, c'était pas loin de toutes façons, et ça commence à s'agacer; notre homme sait qu'il commence à provoquer un bouchon mais ne s'en émeut pas et n'a pas décidé de laisser la voie libre. Serait-il un brin mauvais perdant? Passé l'acqueduc qu'on traverse accroupi et dans le noir complet à un moment (attention aux têtes, le calcaire c'est dur!), j'estime qu'il est temps d'accélérer, lui demande pardon et "force" un peu le passage; mes suiveurs font de même, il est contraint de se dresser. 

Route, ça fait bizarre, c'est quoi ce revêtement, j'en trébuche! Vallée du Vers, on traverse sur une jolie passerelle en bois, puis on longe la vallée. J'allonge la foulée; j'ai à ce moment-là une impression assez bizarre: je ne sais pas trop s'il me reste des ressources ou pas, car je ne suis pas tellement en souffrance.

Panneau "arrivée dans 2 km"! Dernère côte. Jai la réponse à ma question: je ne suis pas complètement cuit, mais ne suis pas capable d'en rajouter une couche pour faire la différence, d'autant que la première fille vient de me redoubler, "coachée" par son copain qui la motive du mieux qu'il peut. Virage en épingle, je les repasse à nouveau tous les deux, elle aussi est très fatiguée, prête à craquer, presque uniquement portée par les encouragements de son compagnon. Et par la pression de la deuxième fille qui n'est vraiment pas loin non plus! A partir de là je ne doublerai plus personne, pousse une dernière fois sur mes jambes dans le dernier raidillon au pied des maisons, relance comme je peux dans le village, et passe l'arche, ouf! 1h33'47", 30 ième sur 248 arrivants, très loin de Johny "the machine" Lherminier qu'on ne présente plus, coureur lotois vraiment au dessus de la mélée, et qui atomise chaque course locale à laquelle il participe... Et respect à celles et ceux qui se sont engagé(e)s sur les deux parcours les plus longs, gros courage vues les conditions météo!

Maxime finit à la 113 ième place,  avec un temps de 1h51'52", et Jeremy... je ne sais pas, je ne l'ai pas trouvé dans le classement, pardon Jeremy, tout ce que je sais c'est qu'il explose son temps de l'année dernière de 20', pas mal pour quelqu'un qui reprend tout juste! Et, chose essentielle, nous tous trois contents de notre matinée à crapahuter dans un si bel endroit. Enfin, on ne le dira jamais assez, merci beaucoup aux organisateurs et bénévoles sans qui rien n'est possible.

Maintenant place à un peu de récup pour moi: cinq jours sans courir qui marqueront la fin de ma saison automne-hiver 2018-2019, avant de reprendre en douceur, pour attaquer la saison 2019 avec probablement la course nature des Césarines, le 10/03... 

 

23:34 Publié dans mes cOurses | Tags : trail, acqueduc, 2019 | Lien permanent | Commentaires (0)

04/12/2018

Trail de l'igue: un des plus beaux, et des plus durs!

Je suis loin d'avoir fait toutes les courses nature du Lot, mais parmi les trails techniques du département, deux sortent du lot (pas le département!) et reviennent dans les discussions: le trail de l'Acqueduc à Cours (village bien nommé), fin janvier,et le trail de L'Igue à Crégols, un petit village dans la vallée du Lot (la rivière), début décembre.

Dimanche denier, premier du mois de Décembre, j'étais donc au rendez-vous pour honorer cette course que j'aime et que j'ai faite pas mal de fois déjà.

Contrairement à mes anciennes participations, où de mémoire, j'ai toujours vu là-bas un froid sec et en général des températures négatives au départ, cette année il pleut et il fait doux, une dizaine de degrés. Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre, car d'une part je réclame la pluie depuis longtemps, d'autre part j'aime les conditions un peu "pourries", ça met un peu de piment à la chose.

Retrait des dossards, échauffement, je n'ai pas le temps de dire ouf en arrivant sur la ligne car le départ est donné. Timing! Les premiers hectomètres se font sur le plat dans la vallée pour étirer le peloton et "mettre en température" les moteurs, puis on retourne vers le village où l'on "attrape" le premier chemin montant. On est encore bien compact en file indienne. Lorsqu'on arrive en haut, des groupes commencent à se constituer, et on redescend aussitôt en empruntant une sente technique, tout en virages serrés et en marches à sauter, bref le trail qu'on vient chercher à Crégols. On ressort dans un pré qui sert pour l'occasion de parking, au dessus du village. On évolue sur une petite route, puis une piste, puis un monotrace qui se fait progressivement plus montant. A la fin la marche avec mains sur les quadriceps remplace la course, c'est plus efficace lorsque le terrain penche fort. A y est, on passe juste à côté de la fameuse igue, ce gouffre qui donne son nom à la course. Toujours aussi beau ce site, je m'arrêterais bien pour contempler mais le chrono pousse à continuer... Je suis à distance de la première fille, suis tenté de donner un coup de cul pour la rattraper et la passer mais je me ravise, car elle avance vraiment bien et je ne veux pas me cramer si tôt...

La descente qui suit est la plus technique: on évolue sur une trace peu matérialisée à flan de ravin, entre rochers et buis; jolie vue mais obligé de regarder où je mets les pieds; je suis sur les pas de ma traileuse, ne tente pas de la doubler car elle est habile et l'allure me convient, d'ailleurs un concurrent qui nous entend arriver nous laisse passer... on descend à l'aide d'une main courante une rupture de pente rocheuse, où je me permet de la conseiller, car elle descend en marche avant, n'est pas du tout à l'aise et accessoirement nous fait perdre du temps (ça arrive derrière!). "Dans l'autre sens et assise comme dans un baudrier ça devrait aller mieux" lui dis-je. Elle met mon conseil à exécution et effectivement tout va mieux pour elle! Elle me remercie en s'excusant pour son cafouillage, et reprend immédiatement une longueur d'avance dans la fin de la descente en forme de combe. Hop, on remonte illico. D'abord à la course, ensuite à la marche, les quadris brûlent trop. Nous sommes trois ensemble. Replat, elle en remet une couche! Je m'accroche quelques mètres derrière elle, notre compagnon cède provisoirement un peu de terrain avant de revenir. Ça descend, ça glisse sur les dalles rocheuses, je piste toujours mon lièvre qui est loin d'avoir abdiqué mais je me sens plutôt bien, en mesure de continuer sur cette allure en tous cas. Je regarde le chrono pour la première fois depuis le départ: 0h46, je n'ai vraiment pas vu le temps passer, et me dis: "une bonne moitié de faite". Je ne croyais pas aussi bien penser...

Après la descente... la montée, et vous ne me croirez pas... elle est raide! On est maintenant quatre ensemble. Notre compagne accuse le coup, elle se met à marcher alors qu'on court, elle vient de craquer je pense à ce moment-là. En fait pas tant que ça, car si je ne la reverrai pas pendant la course, elle arrive juste après moi et je la devance de quelque chose comme une minute! 

Descente technique, je sais c'est pas très original, nous sommes toujours trois dont un qui attaque carrément! Je me sens bien et j'aime descendre alors j'emboite le pas! Il regarde de temps en temps par dessus son épaule au détour d'une épingle, je suis toujours là! Par contre nous ne somme plus que deux. Provisoirement encore une fois... Flan de côteaux caillouteux, on marche-court, comme on peut, en essayant de garder l'équilibre dans ce gros dévers et la castine qui se dérobe sous nos pieds. La vue est dégagée au dessus d'une ancienne carrière, en fait on est tous ensemble! Schuss dans les cailloux, on rattrape un chemin montant parsemé de dalles; je me force à courir alors que devant moi ça marche. Je double, on me double, j'emmène un petit groupe de quatre ou cinq. Les écarts sont vraiment minces, celui qui sera encore frais à la fin fera une belle opération au classement... 

Second ravito, j'avale une sorte de banga, repars quelque peu revigoré dans une côte en ligne droite où tout le monde se voit. On doit être pas loin d'une dizaine à une distance d'une centaine de mètres, on en est à 1h15 de course... Serré mais je commence à être bien entamé sur le plateau qui suit tout en virages, minis côtes et minis descentes, dans les conifères cette fois... (tiens, j'ai encore la lucidité d'apprécier le paysage?). Sur ce passage je suis en chasse patate: j'ai creusé un écart derrière mais devant j'ai un groupe de cinq coureurs qui se marquent à la culotte. Je sens que je ne pourrai pas les rejoindre et qu'ils s'expliqueront sans moi... ce qu'il se passera. Dernière descente, rapide et raide, les places sont figées! Je prends même du plaisir dans cette dernière portion avant d'arriver dans le village, de passer l'arrivée en 1h31 et des poussières, et de finir à la 24 ème place sur 180. L'intérêt n'est pas là, ce matin je peux dire que je me suis éclaté pendant une heure et demie, et ça ça fait un bien fou en ces temps un peu troubles dans notre beau pays sur fond de jaune fluo et de rouge feu...

Sinon, content? Du temps et du classement, oui plutôt, sans sauter au plafond. Le premier, Johnny Lherminier, est un coureur de haut niveau largement au dessus du lot (pas le département!). Loin de moi l'idée de me comparer ne serait-ce qu'une seconde à un cador comme lui. Il boucle le parcours de 15 km à la vitesse supersonique (et super cinique?!)de 1h06! Comment fait-il? Il vole ou quoi?? Il met 6' au deuxième, Benjamen Pelaprat, un jeune lui aussi très bon coureur... Pour mettre moins d'1h20 sur un parcours comme ça avec cette météo et ce terrain aussi physique, piégeux et glissant, il faut vraiment s'y entendre... Mais modestement et à mon petit niveau, je vois que l'entrainement commence à payer, en témoignent les bonnes sensations que j'ai eues, toujours à mon niveau à moi... En tous cas le plaisir est toujours autant là, et ça c'est vraiment cool!

05/11/2018

Montagrier trail: content? Oui, mais...

Cette fois-ci je commence par la fin, car je ne peux pas cacher une petite déception; avant la course je m'étais fixé un objectif de temps de 1H30, me considérant dans une forme ascendante, et je mets 8' de plus. 8 minutes ce n'est pas grand chose diront certains, en fait sur un parcours de ce format (16,5 km) c'est un joli petit gouffre... Il y a un mois à St Jal je m'étais dit "vaille que vaille", zéro objectif, et hier je m'étais projeté plus ou moins consciemment dès le début de l'épreuve sur 1H30 d'effort. Ce qui a eu pour conséquence que j'ai vécu les huit minutes parmi les plus longues de ma vie! Mais place au CR..°°°

Comme  presque chaque dimanche de course (et presque chaque dimanche tout court), la journée commence à peu près de la même manière: traite, enfin un peu plus tôt que d'habitude, petit déj, derniers préparatifs, check up de tout le matériel nécessaire: runnings (hem!), short-équipement, argent, certificat médical... C'est bon j'ai tout, je saute dans le kangoo et c'est parti pour 1H40 de route. Et oui Montagrier ce n'est pas la porte à côté pour un habitant du nord du Lot comme moi, et la Dordogne est un grand département...

J'arrive à 9H15 environ pour un départ du "petit" parcours à 10H00, je ne dois pas traîner donc. Inscription, je me mets en tenue,  épingle mon dossard, pars m'échauffer 20', et réalise trois accélérations d'environ 10" sur la fin. Echauffement assez léger, pour ne pas m'entamer car le format "trail de 17 km" se situe dans la fourchette haute  de ce que je me suis fixé comme épreuve. En effet je ne cours pas plus de 1h30 à l'entraînement et ne fais pas du tout de vélo (ça me manque beaucoup mais c'est impossible vu mon emploi du temps actuel et des mois qui vont venir), alors...

10h00, BAM, on est parti! Petit tour dans les ruelles de ce très joli village en forme de bastide qui surplombe, puis on arrive sur un chemin descendant. Ça tape des pieds d'un peu partout autour de moi, ouille ouille ouille les genoux! Qui dit descente dit côte, ça y est on y est. 178 BPM "au compteur" moteur froid, pistons qui chauffent, attention à ne pas couler une bielle... 

On est sur un vrai trail bien difficile, qui alterne en permanence côtes et descentes relativement courtes, parfois raides surtout sur la fin sur les côteaux secs et marneux. Le parcours se montre vraiment ludique avec beaucoup de monotraces, de ruptures de pentes où deux choix se présentent à nous: soit on freine des quatre fers, soit on se lâche, la seconde option étant bien sur la plus adaptée et la plus fun! Parcours ludique, casse pattes où il faut relancer sans arrêt, changements de direction permanents, la recette du succès pour ce trail qui s'est fait sa petite réputation bien méritée! En fait c'est aussi ce que j'aime dans la course à pied: sur ce parcours on va plus vite à pied qu'on irait avec un VTT, donc ce mode de locomotion se justifie! 

Et le piège c'est ça aussi: a force de relancer, de contrôler ses appuis, de se concentrer sur sa trajectoire, on y laisse du jus sans s'en rendre vraiment compte. Un rapide coup d'oeil lors d'un de ces passages technique me rappelle à l'ordre: 174 bpm, glups.. 

Comme je l'ai laissé comprendre plus haut, la fin de course fut délicate à gérer pour moi. Je regarde le chrono alors que je commence à être sérieusement entamé: 1h12, ouh là là il va falloir tenir encore un quart d'heure me dis-je (et je ferai même un peu de rab)! Premier coup au moral. Le petit groupe que j'ai devant moi, sur lequel je pensais réussir à revenir, commence à s'éloigner inexorablement; alors que je croyais avoir fait le trou derrière, je me rends compte que ça revient; et mes forces qui m'abandonnent petit à petit! Enième et dernière descente (j'ai passé les 1H30 au chrono), pour rallier le village on doit courir au bord d'un champ où on est tous à vue (bien pour ceux qui ont la hargne, moins bien pour ceux qui comme moi subissent!), et grimper une dernière côte avec une jolie rampe et des escaliers sur la fin: trop pour moi! Ma tête a lâché, je me fais doubler par deux concurrents dont un qui m'encourage (je fais donc si pitié?), je n'ai plus la force de lutter. Une seule motivation: en finir. Ça y est nous voilà en haut, dernière ligne droite pour passer sous l'arche, le cardio est encore quand même à 175 bpm, et délivrance! 44 ième sur 216 je crois, le premier me met 23'... Il y a longtemps que je ne m'étais pas dépouillé de la sorte, pourquoi est-ce qu'on fait ça?

Un jour plus tard, j'analyse cette course comme un demi échec, donc aussi comme un demi succès... Si j'ai le temps j'essaierai de mettre par écrit sur ce blog des explications, hypothèses... à ce verre à moitié vide ou à moitié plein! En tous cas l'entrainement n'est pas une science exacte et c'est tant mieux! 

 

07/10/2018

Course nature de St Jal, ou comment redécouvrir les sensations de la compet

Allez, un petit CR à chaud de ma course d'aujourd'hui! Je tiens avant tout à préciser ça fait vraiment plaisir d'épingler un dossard à nouveau, ma première course de l'année en fait...

Comme la plupart du temps lorsque je me rends à une course pas trop loin de chez moi,  je trais les chèvres avant de partir; c'est un réveil musculaire comme un autre...

Ce matin donc, lever à 4H30, environ 30 minutes de fromagerie, petit déj, et soin des animaux-traite. Lorsque je quitte la maison, il est 7H30, j'ai les yeux grands ouverts et je suis gonflé à bloc, malgré une forme que je sais "limite": j'ai repris un entrainement digne de ce nom seulement depuis trois semaines. Je sais que ce sera juste mais je n'ai aucun objectif et aucune pression, comme toujours d'ailleurs. Ce n'est pas à 40 piges passées que je vais commencer à me prendre la tête. Je suis là pour jouer, un point c'est tout.

A peine parti de la maison, je me rends compte que j'ai oublié mes runnings! Demi tour, j'aurais pu m'en rendre compte bien plus tard, coup de bol!

Après une heure de voiture sous la pluie (youpi!), essentiellement sur l'A20, je me retrouve dans le petit village de St Jal, au fin fond de la Corrèze. Inscription, échauffement de 25' pendant que les concurrents du 23 km s'élancent, ponctué de trois accélérations de 12"; c'est l'heure du départ, j'enlève mes deux t-shirt manches longues déjà mouillés, en enfile un court + manchettes, finis ma bouteille d'eau, mange une petite barre de patte d'amande, en mets une (sans l'emballage) dans la poche du short, on ne sait jamais si fringale, et me dirige tranquillou vers la ligne. 

Coup de feu, la meute est lâchée. Départ sur route et en descente, il vaut mieux être chaud! Car ça part vite bien sur. Ma stratégie? Ne pas surtout pas s'emballer, je ne sais vraiment pas où j'en suis, après plus d'un an sans course pédestre, et un été studieux mais peu sportif! Dur de ne pas se laisser emporter, mais je laisse filer les premiers, je ne suis pas kamikase non plus; à chacun sa course...

On bifurque sur une piste, La piste en fait, d'abord sur le plat puis en légère descente. Coup d'oeil sur le cardio: 177 bpm. Ça tape... Je me cale sur le rythme de la première fille, son allure me va bien, les puls redescendent un peu; ne pas s'emballer... Rapidement, je me sens un peu en sous régime, je saute donc dans un groupe qui passe. Bye bye... 

Ça court vite sur cette piste en faut plat descendant. Je m'accroche... puis viens mon second souffle, je commence à me sentir bien. Je force donc un peu plus l'allure, dépose le premier V3 (la forme les anciens). Cette piste est interminable, on a le temps de se concentrer sur sa souffrance... 

Enfin, on bifurque sur un sentier "trail" en côte; c'est raide mais ça passe en courant. Ça glisse mais les crampons des Hoka adhèrent, on n'est pas dans le bourbier non plus. Les puls remontent, 177, 178, je manque de rythme course et là je le sens! nous sommes trois ou quatre en file indienne, lorsqu'un coureur nous passe, coupe vent sur le dos, qui semble très à l'aise. Le moral en prend un coup...

Ravito; je bois un verre de coca et ça repart. On est sur la partie du tracé la plus intéressante: sentiers un peu techniques par endroits, alternance côtes et descentes courtes, bref enfin un parcours nature. Ah, enfin une descente piégeuse, rocailleuse, avec virages serrés en forêt! La course à pied qu'on aime! J'en profite pour fausser compagnie à mon compagnon du moment, sentant depuis un petit moment qu'il n'est pas très à l'aise en descente. 

On arrive à nouveau sur la piste caillouteuse du début, oh non il va falloir la remonter! Un panneau indique: arrivée 4km, le chrono indique 35' de course. Bon, ce n'est plus le moment de s'économiser, il est temps de ne plus penser à gérer. J'envoie ,avec les moyens du bord, d'autant plus que le concurrent que j'ai un peu distancé dans la descente précédente me colle aux basques. J'entends sa respiration saccadée, la mienne n'est pas mal non plus il faut dire. Le cardio indique 174 bpm, il n'a pas été beaucoup sous les 170 de toutes manières... Je suis dans le dur mais j'entends de moins en moins la respiration de mon compère, ça y est je sens qu'il ne suit plus. Mais, il revient! Et fort avec ça! Ah non, c'est un autre concurrent! Il a l'air à bloc mais avance de manière efficace, je "prends sa roue" mais ça ne dure pas, il est trop fort pour moi, quand on peut plus on peut plus. D'ailleurs, je sens mes forces (ou mon mental? Ou les deux?) m'abandonner progressivement, pour preuve le cardio oscille autour de 170 bpm, signe que je n'arrive plus vraiment à me rentrer dedans... 

L'arrivée à la gare de St Jal marque la fin de cette piste, ouf! Par contre il va falloir serrer les dents encore un peu, car le gars que j'ai distancé et un autre reviennent, et un gros raidillon sur la route nous attend pour rallier le village et l'arrivée! Allez, on jette ses dernières (mais vraiment dernières!) forces dans la bataille, j'ai mal mais je sais que derrière c'est pareil, j'arrête de penser, qu'est-ce que c'est dur! Le coeur bat à 180 bpm, les jambes brûlent, je suis au taquet. Plus que quelques mètres, je me retourne, c'est bon ça passe! 

Et ça fait du bien quand ça s'arrête! 0h55m23s, 15è au scratch sur 99 classés, 7è V1. Honnêtement je suis plutôt content de ce temps (il faut dire que courir sur cette piste aussi longtemps à l'aller et au retour n'avait pas grand chose d'un trail). Allez, de la régularité et ça devrait bien se passer sur la prochaine course, début Novembre!