visites par jour

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/10/2018

Course nature de St Jal, ou comment redécouvrir les sensations de la compet

Allez, un petit CR à chaud de ma course d'aujourd'hui! Je tiens avant tout à préciser ça fait vraiment plaisir d'épingler un dossard à nouveau, ma première course de l'année en fait...

Comme la plupart du temps lorsque je me rends à une course pas trop loin de chez moi,  je trais les chèvres avant de partir; c'est un réveil musculaire comme un autre...

Ce matin donc, lever à 4H30, environ 30 minutes de fromagerie, petit déj, et soin des animaux-traite. Lorsque je quitte la maison, il est 7H30, j'ai les yeux grands ouverts et je suis gonflé à bloc, malgré une forme que je sais "limite": j'ai repris un entrainement digne de ce nom seulement depuis trois semaines. Je sais que ce sera juste mais je n'ai aucun objectif et aucune pression, comme toujours d'ailleurs. Ce n'est pas à 40 piges passées que je vais commencer à me prendre la tête. Je suis là pour jouer, un point c'est tout.

A peine parti de la maison, je me rends compte que j'ai oublié mes runnings! Demi tour, j'aurais pu m'en rendre compte bien plus tard, coup de bol!

Après une heure de voiture sous la pluie (youpi!), essentiellement sur l'A20, je me retrouve dans le petit village de St Jal, au fin fond de la Corrèze. Inscription, échauffement de 25' pendant que les concurrents du 23 km s'élancent, ponctué de trois accélérations de 12"; c'est l'heure du départ, j'enlève mes deux t-shirt manches longues déjà mouillés, en enfile un court + manchettes, finis ma bouteille d'eau, mange une petite barre de patte d'amande, en mets une (sans l'emballage) dans la poche du short, on ne sait jamais si fringale, et me dirige tranquillou vers la ligne. 

Coup de feu, la meute est lâchée. Départ sur route et en descente, il vaut mieux être chaud! Car ça part vite bien sur. Ma stratégie? Ne pas surtout pas s'emballer, je ne sais vraiment pas où j'en suis, après plus d'un an sans course pédestre, et un été studieux mais peu sportif! Dur de ne pas se laisser emporter, mais je laisse filer les premiers, je ne suis pas kamikase non plus; à chacun sa course...

On bifurque sur une piste, La piste en fait, d'abord sur le plat puis en légère descente. Coup d'oeil sur le cardio: 177 bpm. Ça tape... Je me cale sur le rythme de la première fille, son allure me va bien, les puls redescendent un peu; ne pas s'emballer... Rapidement, je me sens un peu en sous régime, je saute donc dans un groupe qui passe. Bye bye... 

Ça court vite sur cette piste en faut plat descendant. Je m'accroche... puis viens mon second souffle, je commence à me sentir bien. Je force donc un peu plus l'allure, dépose le premier V3 (la forme les anciens). Cette piste est interminable, on a le temps de se concentrer sur sa souffrance... 

Enfin, on bifurque sur un sentier "trail" en côte; c'est raide mais ça passe en courant. Ça glisse mais les crampons des Hoka adhèrent, on n'est pas dans le bourbier non plus. Les puls remontent, 177, 178, je manque de rythme course et là je le sens! nous sommes trois ou quatre en file indienne, lorsqu'un coureur nous passe, coupe vent sur le dos, qui semble très à l'aise. Le moral en prend un coup...

Ravito; je bois un verre de coca et ça repart. On est sur la partie du tracé la plus intéressante: sentiers un peu techniques par endroits, alternance côtes et descentes courtes, bref enfin un parcours nature. Ah, enfin une descente piégeuse, rocailleuse, avec virages serrés en forêt! La course à pied qu'on aime! J'en profite pour fausser compagnie à mon compagnon du moment, sentant depuis un petit moment qu'il n'est pas très à l'aise en descente. 

On arrive à nouveau sur la piste caillouteuse du début, oh non il va falloir la remonter! Un panneau indique: arrivée 4km, le chrono indique 35' de course. Bon, ce n'est plus le moment de s'économiser, il est temps de ne plus penser à gérer. J'envoie ,avec les moyens du bord, d'autant plus que le concurrent que j'ai un peu distancé dans la descente précédente me colle aux basques. J'entends sa respiration saccadée, la mienne n'est pas mal non plus il faut dire. Le cardio indique 174 bpm, il n'a pas été beaucoup sous les 170 de toutes manières... Je suis dans le dur mais j'entends de moins en moins la respiration de mon compère, ça y est je sens qu'il ne suit plus. Mais, il revient! Et fort avec ça! Ah non, c'est un autre concurrent! Il a l'air à bloc mais avance de manière efficace, je "prends sa roue" mais ça ne dure pas, il est trop fort pour moi, quand on peut plus on peut plus. D'ailleurs, je sens mes forces (ou mon mental? Ou les deux?) m'abandonner progressivement, pour preuve le cardio oscille autour de 170 bpm, signe que je n'arrive plus vraiment à me rentrer dedans... 

L'arrivée à la gare de St Jal marque la fin de cette piste, ouf! Par contre il va falloir serrer les dents encore un peu, car le gars que j'ai distancé et un autre reviennent, et un gros raidillon sur la route nous attend pour rallier le village et l'arrivée! Allez, on jette ses dernières (mais vraiment dernières!) forces dans la bataille, j'ai mal mais je sais que derrière c'est pareil, j'arrête de penser, qu'est-ce que c'est dur! Le coeur bat à 180 bpm, les jambes brûlent, je suis au taquet. Plus que quelques mètres, je me retourne, c'est bon ça passe! 

Et ça fait du bien quand ça s'arrête! 0h55m23s, 15è au scratch sur 99 classés, 7è V1. Honnêtement je suis plutôt content de ce temps (il faut dire que courir sur cette piste aussi longtemps à l'aller et au retour n'avait pas grand chose d'un trail). Allez, de la régularité et ça devrait bien se passer sur la prochaine course, début Novembre!